Vos
poèmes

Poésie Française : 1 er site français de poésie

Vos<br>poemes
Offrir
ce poème

Frank Morningstars

L’attente obstinée

Je ferme les yeux et je te cherche encore.
Ton odeur sur l’oreiller s’est fanée,
mais je respire quand même, fort, comme si ça pouvait te ramener.
Rien ne vient. Juste le silence qui hurle ton prénom.

Tu m’avais promis qu’on vieillirait ensemble,
que même les jours gris seraient beaux parce qu’on les partagerait.
Aujourd’hui les jours sont gris, et il n’y a plus de « on ».
Il n’y a que moi, et ce vide qui prend toute la place.

Je revois ton sourire en coin quand tu disais « t’inquiète pas ».
Je revois tes doigts dans mes cheveux, ta voix qui murmurait « je t’aime » comme une évidence.
Maintenant chaque « je t’aime » que je prononce seule rebondit sur les murs
et me revient en pleine figure, acide, inutile.

J’ai gardé ta dernière lettre, pliée mille fois, dépliée mille fois.
Les mots se brouillent à force d’être lus sous les larmes.
Je sais par cœur la phrase où tu disais que tu partirais un jour,
mais je croyais que « un jour » c’était dans très longtemps.
Pas aujourd’hui. Pas comme ça.

Parfois je parle toute seule dans l’appartement.
Je te raconte ma journée, comme avant.
Et puis je réalise que personne ne répondra jamais.
Alors je m’assieds par terre, dos au mur,
et je laisse les sanglots monter sans les retenir.
Parce que retenir, c’est encore plus douloureux.

Je t’aime toujours.
Ça ne s’est pas arrêté avec ton départ.
Ça continue, idiot, tenace, inutile.
Et c’est ça le pire : aimer quelqu’un qui n’est plus là pour le recevoir.

Je ne sais pas comment on fait pour continuer sans toi.
Je ne sais même pas si je veux continuer.
Mais je respire encore, alors je suppose que c’est obligé.

Reviens.
Même en rêve.
Même pour une seconde.
Juste pour que je puisse te dire une dernière fois
que sans toi, le monde est trop grand,
et moi beaucoup trop petite.

Je t’attends.
Toujours.