Sur la porte la glace Me renvoie mon reflet Pas un mètre d'espace Dans mes propres filets Des orvets des vipères Deux yeux qui se contemplent Du bleu un peu de fer Et du noir en son centre
Je te vois toi mon frère Au-delà du miroir Et je vois tes misères Et je vois tes espoirs Et je vois tes enfers Je vois tes paradis Et je vois tes hivers Et tes vertes prairies
Je vois tes cavalcades Je te vois en descendre Et je vois tes cascades Et je vois tes méandres Et je vois tes bravades Et je vois tes regrets Et je vois tes Espagnes Je vois tes finlandais
Et je vois tes glissades Je te vois t'agripper Et je vois tes noyades Te vois les accepter Je vois tes amitiés Je vois tes solitudes Je te vois renier D'anciennes certitudes
Et je vois tes armées Je vois tes mansuétudes Je te vois disloqué Je vois tes plénitudes Je te vois t'envoler Je vois tes servitudes Je vois tes araignées Je vois tes altitudes
Je vois le bleu profond Je vois ton innocence Et le blanc du plafond Contrer tes espérances Je vois courir à fond Tes jambes en cadence Te vois tourner en rond Et je vois ton enfance
Je vois tes cheveux blonds Et je vois tes errances Je vois le chemin long Et je vois ta présence Je te vois regarder Ton reflet dans la glace Te vois te demander Si c'est bien toi en face