Pourquoi faut-il, ma chère
Pourquoi faut-il, ma chère,
Que sous tes beaux atours,
Tu caches des fardeaux ;
Que tu marques aux fers
Les mendiants de ta cour,
Sous d'affreux oripeaux ;
Que ta magie altière,
Multipliant les tours,
Eteignent nos flambeaux;
Que tes franches lumières
Ternissent les pourtours
Des religieux vitraux ;
Que nos pieuses prières
Serrent de nos doigts gourds,
Le poids de ton étau;
Que tes voix singulières,
Dans tes plus hautes tours,
Occultent les vantaux ;
Que les traumas ouverts
Attirent des vautours,
Les funestes travaux ;
Que de fourbes vipères
Viennent siffler autour
Du feu de tes bandeaux ;
Que tes philtres amers
Distillent en détours,
Nos vains esprits joviaux ;
Que tes attraits sincères,
Dans nos veines, accourent,
Edifiant nos caveaux ;
De tes robes légères,
Dans d'aguichants discours,
S'envolent tant de maux,
Souffrances et misères,
Qui broient sous nos pas lourds,
Le sublime et le beau.
Par de tristes manières,
Que tu nous rendes sourds,
Au parler des oiseaux ;
Muette tégénaire,
Dans ses filets, séjour-
-ne au fond de nos cerveaux ;
Que tes envies altèrent
Nos vaillantes bravoures,
Dans de hideux escots ;
Que dans les rues austères
De tes sombres faubourgs,
Tu traînes nos lambeaux ;
Que les jeux de naguère
Expirent dans les cours,
Prisonniers des cerceaux;
Que tes célestes airs,
Martelant tes tambours,
Nous mènent au tombeau.
Tu nous trompes de guerres
Et nous désarmes pour
Décider des assauts
Que tu mènes envers
Nos délicats contours,
Dont nous sommes dévots.
Et tu gâtes la chair,
Dans les ennuis des jours,
Sous les cris des appeaux,
Que tu avais offerte
Aux plaisirs des amours,
Comme un joli cadeau.
Dans ce vaste mystère,
Par un dernier débours,
Tu affranchis bientôt,
Le spectre délétère,
Qui, sans plus de secours,
Nous dévêt de nos peaux.