Vos
poèmes

Poésie Française : 1 er site français de poésie

Vos<br>poemes
Offrir
ce poème

François Lavoinne

Le chant des muses

Les fleurs sont les appels emportés dans les airs
Par des sylphes confus de n'être plus utiles,
Des muses retenues dans des veines de fer,
Que l'alchimie du noir désespère et mutile.

Quand leurs agitations fragiles se lamentent,
Leurs pleurs muets perdus dans le coeur de la pierre,
Naufragés égarés par des veines qui mentent,
Cherchent à résurger dans des lits de rivières.

Quand les flots rugissants se calment, on entend
Le murmure intriguant des pluies sur les pétales
Qui précipitent les secrets du haut des vents,
Leurs esprits descendant vers une mer étale.

Pour percer les secrets délivrés à la mer,
Que l'écume dépose aux berges du rivage
Où une vague ondine en retire l'amer,
Esquissant lentement l'ébauche d'un langage,

Du flux et du reflux, suivant le mouvement,
En adoptant la calme alternance des lames,
Apportant leur secours même brièvement,
Les crabes de profil hypnotisent leurs âmes.

Ils imprègnent de sel leurs pérégrinations,
Ramenant sa saveur, effleurée de leurs pattes,
Vers la terre où leurs voix, légèrement, se hâtent
De chanter les trésors de leur adoration.

Leur chant, qui monte au ciel, bruine sur le pavé,
Changez de perception, vous verrez l'auréole
Des muses libérées au soleil de l'été,
Approchez-vous un peu, vous orrez leurs paroles.

Des filons de diamant aux rouilles des carcans,
Quand la gemme remue dans le fond de ses poches,
Des galets des torrents aux laves des volcans,
L'eau cherchera toujours à refleurir la roche.