L'absence et le froid
Le froid engourdit la souffrance,
Et l'essouffle en l'amenuisant,
Mais argumente aussi l'absence
Qui t'apprivoise lentement.
Elle languit, mais ne s'épuise,
Et présente dans le blizzard,
Qui, à ses penchants, te conduisent,
Les méthodes et les hasards.
Lui se délivre à ton attente,
Amorce sa frise en tes lieux,
Edicte ses omnipotentes
Volontés, semblable à un dieu.
Elle te divertit, t'attire,
Et te dévoile éperdument,
La solitude qui soupire
D'indifférence en t'attendant.
Lui se concentre à tes lézardes,
Dilate son hymne intérieur,
Et pendant ses comptes, musarde
Un instant, endormant tes peurs.
Elle t'enivre de romances,
Cajole tes atermoiements,
Et se distrait des espérances,
Tout autant que des chatoiements.
Lui, son ardent zèle s'immisce,
Pour amadouer les beautés,
Que l'art du dévouement hérisse,
En marbres aux reflets bleutés.
Elle s'acoquine au courage
Pour n'avoir à le répudier,
Conjointement, séduit les rages
Opposées à la marier.
Lui te ligote et te grignote,
Escomptant tes extrémités,
Tes beaux abattis, numérote,
Tes vestiges décolorés.
Elle, confiante, se repose,
Emmitouflée des abandons
Lovés dans ton cœur, et propose
Son réconfort, gage de dons.
Lui, sa pique acérée milite
En faveur de son engouement,
Sa lance effilée périclite
Les espoirs de ton mouvement.
Elle, sans aucune algarade,
S'impose à toi, tout doucement,
Comme une vieille camarade
Qui connaît tes acquiescements.
Lui aimerait que soit blafarde,
La suspicion qui s'achemine
Par devers ta face camarde,
Assidûment, te parchemine.
Elle, dont la verve est muette,
S'arroge et ruse, la raison,
Pâle, esseulée, usée, fluette,
N'admettant plus qu'une saison.
Lui, son exigence est fidèle
Aux horizons à pétrifier,
L'azur atteint, étend les ailes,
Accoste l'île à édifier.
Maintenant qu'il est le silence,
Qu'il est détaché de l'effroi,
Qu'il est pénétré de l'absence,
En toi, s'éternise le froid.