Tu es ce que les jours ont confié univoque Aux mers : la voile ronde attrapant le regard Des otaries l'atour l'élégance loufoque La bichromie de l'orque en brillant épaulard
Tu es au carrefour des magies et des sages Le philtre que jamais le temps n'aura vicié L'émotion que les sourds transforment en langage Le mendiant dont la manche est gonflée de fierté
Tu es encore là quand la chance est passée Quand les ombres des nuits sont masquées aux remparts Quand la mission surpasse une peur inavouée Quand doute le guetteur que tu sois quelque part
Tu es une présence où se perd la détresse La solitude apprend de ton rire enjoué Tes silences courbant le dos de la tristesse Tes bras distribuant des dons aux oubliés
Tu es les yeux des doigts de l'aveugle qui cherche Dans la polyphonie de chants entremêlés Au secours de l'effort pour atteindre la perche Dans la main de l'enfant qui se croyait noyé
Tu es dans la douceur de la reconnaissance L'accouchée épuisée tenant son nouveau-né Dans la fragilité de la petite enfance Dans cette force qui deviendra son allié
Tu es comme toujours rien ne peut te suspendre Tu es partout pourtant je ne peux te nommer Tu es si proche que bientôt je peux t'entendre Et comme tu seras je sais où te chercher