Cet éclat de ta vie, arraché, est perdu A jamais. Pour toujours, restera la blessure, Là, comme un grand fossé creusé par les injures, Le temps tire son soc sur ton coeur pourfendu.
A la branche enflammée, s'accroche suspendu, Les ongles de ta main alternant la brûlure, Le secours de ton bras qui saisit la nature De l'abîme, au-dessous de tes doigts distendus.
Souviens-toi de l'aurore et des obscures plaines, De l'angoisse et du sang qui martelaient tes veines Dans les sueurs des jours, les frissons des matins,
De tes ailes brisées, extirpées de la glaise, Contemple ce que fut autrefois un humain, L'horizon à ses pieds, au-devant des falaises.