J'ai été destiné à la mélancolie La joie qui se réjouit aux peines du passé Et j'ai beau essayer de calmer ma folie Je rêverai toujours à ce que j'ai été
J'ai été enfanté au soleil d'un été Et je suis à jamais damné à sa brûlure Du vert de mes printemps qui m'ont été donnés Je guette l'horizon au couchant des ramures
A l'ombre des forêts je dépose l'armure Dont m'avaient attifé mes parents en pensant Qu'il valût mieux pour moi être sous couverture Protéger le nabot qui est si mal portant
Je les en remercie ainsi que les soignants Ils ont su m'emmener contre ma destinée Vers des cieux où l'azur est pour moi plus plaisant Dans leurs cœurs où leurs mains se sont parcheminées
Des travaux accomplis pour cette graminée Dans les labours des sols de diverses campagnes Du labeur de calmer la passion effrénée Une graine a fleuri d'un pays de cocagne