Chaque jour, je la vois passer sous mes fenêtres, Avec sa robe fauve et son joli minois. Elle sourit à tous, à la vie et, peut-être, Qu'elle me sourirait si je la croisais, moi!
Toi?! Tout juste vêtu d'un pauvre complet triste Elimé jusqu'au cou comme ces vieux clochards! Elle, avec son tailleur sorti d'une modiste Te donnerait l'aumône en toisant ton regard!
Je voudrais qu'elle voit tout l'amour qu'elle inspire Dans ce mâle désir déposé sur ses pas, Dans ses cheveux soyeux, sur ses doigts qu'elle étire, Gracieuse, en baillant, comme feulent les chats.
Elle s'arrêterait pour un instant...peut-être... - Délicieux espoir où tout paraît léger ! - De passer près de moi sans ressentir mon être Qui meurt et se consume à ne pouvoir bouger,
Ne pas oser la prendre, en riant, par la taille Et l'inviter à boire un café près d'ici. Qu'importe ma dégaine et ma coiffe en bataille, Je ne voudrais qu'une heure auprès d'elle...