A cette époque, un peu mi longs, Tu dénouais tes cheveux blonds Dans la pénombre. Des mèches d'or y reluisaient Sur ce front clair où s'embrasait Ton regard sombre.
Quarante années auront passé. De te revoir m'a fait penser A ce qu'un homme Peut parfois laisser loin de lui.. Qu'est-il devenu ton mari ? Il vit à Rome ?
Nous étions jeunes étudiants, Je t'avais dit mes sentiments, La bouche hâtive. Ce n'était pas le bon moment. Tu m'a surpris en me laissant, A la dérive.
Celui pour qui ton cœur battait, Cet arrogant, ce grand dadais Plein de prestance N'aura pas su t'aimer d'amour Tandis que je vivais autour De ton absence ...
Les mois, les saisons se sont tus Puis ton reflet m'est apparu Dans la boutique. C'est comme si le jour naissait Aux douces lueurs de tes traits, Aux airs pudiques.
Tu dis que tu songeais à moi, Ayant compris qu'il était froid, Ce mariage. Mais c'était trop tard. De dépit, Bien loin de toi j'avais suivi D'autres sillages.
Ta chevelure aux tons de miel Je la retrouve comme un ciel Dans ma mémoire. Et si nos corps ont bien vieilli La force de mon sang t'écrit Cette autre histoire.
J'aimerais rester près de toi, Renouer les liens sans le poids Des habitudes, Allons tous deux tout doucement Pour retisser plus mûrs qu'avant Nos solitudes.
Et humblement, je peux rester Là, des heures à te regarder Sans ne rien dire. Nous n'avons pas le temps, je sais, Mais le bonheur parfois n'est fait Que d'un sourire.