On imagine un jour pétillant de lumière Dans un salon coquet ouvert sur le piano. C'est un après-midi de rires en écho Où, chez les Cannabich, on fredonne des airs.
"Monsieur Mozart" a mis pour sa " mademoiselle Rosina " - qui n'a pas atteint ses quatorze ans - Des notes griffonnées sur un papier traînant, De ces morceaux exquis d'où naît la ritournelle.
Rose est une enfant douce et belle, et si heureuse, Que le maître a décrit son cœur avec amour Comme s'il composait au clavier les contours Et la grâce d'une âme expressive et rieuse.
La joie est toute entière offerte à cet instant ! Clarté de ce refrain unique où la main gauche Discrète veut toujours rejoindre les élans D'une droite éclatée en mille et une croches.
On dit que fût émue aux larmes l'assistance Par ce flot lumineux d’accents pleins de couleurs. Lorsqu'il eût terminé, magique, le silence Était encor de lui, ineffable bonheur !