Mes chats
Mes chats
Au milieu du muret, ils passent nonchalants,
Gris ou tigrés, leurs corps étendus rectilignes
S'étirent comme un arc. L'un me fixe, indolent,
Tandis qu'un autre fuit vers le coin de la vigne.
Dans mon jardin paisible, ils vont et viennent là,
Félins doux ou craintifs, sauvages ou tranquilles,
Gros minets des voisins, je les aime mes chats
Même s'ils ne sont pas les miens. C'est leur asile !
Le plus curieux m'observe avec un air craquant.
Dès que j'oeuvre à ma tâche, il se prélasse et pose
Son regard attentif. Je fredonne un instant
Et voilà qu'il sommeille au milieu de mes roses.
Mes chats n'ont pas de noms, je les nomme: Matou,
Grisou, Minette ou Toi, selon ma préférence.
Qu'importe, le bonheur est de les voir partout.
Le moindre geste ou mot recueille leur audience.
Le soir, quand la chaleur dans l'ombre s'adoucit,
Ils se couchent, lovés en rond, sur la toiture
De mon vieux cabanon, carré des endormis,
Dont leurs râles au vent s'allient au long murmure...
Si jamais un oiseau se risque à voleter,
C'est l'instinct du chasseur qui prime sur les rêves.
Les têtes aussitôt se dressent, aux aguets,
Et chaque queue balaie, s'abaisse et se relève.
Ils rôdent librement. Je ne leur offre rien.
Si je pouvais, un jour, caresser leurs pelages...
Mais non, cette réserve à refuser ma main
Je la respecte. Aux chats, d'apprivoiser mon âge !