Lorsque j'étais petit, j'écrivais des poèmes. Les idées bourgeonnaient comme un rameau soudain, A tel point que les mots me venaient sans problème. Tournant et retournant dans ma tête sans fin.
Je partais à l'école, un cœur dans les nuages. L'amour avait sur moi l'impression d'être ailleurs. Je griffonnais en classe un pantoum d'une page Pour l'oiseau qui chantait dans la beauté des fleurs.
Je n'ai jamais aimé la violence des armes, Ni la phrase inutile ou l'ivresse des mots. Aragon a décrit la guerre aux yeux de larmes, Et Baudelaire fleurit où s'exhalte Hugo...
Il m'arrive souvent des vers quand je me couche. Dans un demi-sommeil, je compose un quatrain. Mais il faut aussitôt me lever de ma couche Pour le noter sans quoi tout s'efface au matin...
Tout jaillit d'un instant d'éveil, une naissance D'intenses sensations, de joies ou de bonheur, Quelquefois de l'écho d'une tristesse immense En un monde où tout fuit, se presse et puis se meurt ...
Je suis un artisan qui cisèle une chaîne Dont chacun des maillons s'harmonise en esprit Au fil d'une pensée éparse qui s'égrène En rimes, en sonnets, en espoirs et en cris ...