Ils sont là, sur le seuil, qui trônent en silence, Petits morceaux de cuir où ses pieds se lovaient. Dès que j’entre le soir, ils m’accueillent et dansent Au bord de mon regard, triste, qui devient gai.
Je les entends, partout, courir de pièce en pièce, Fuyant d’un air rieur au risque de tomber, Comme une toccata sur des touches en liesse Contre laquelle, hier, vieux fou, j’ai regimbé.
Hélas, ils sont toujours sur le seuil, immobiles ! Je les couve des yeux comme une mère au nid, En espérant, parfois, qu’un elfe, une sibylle,
Emportent ma prière au monde des esprits, Emportent mon bouquet d’amour au petit ange Dont les chaussons relient nos pas et les mélangent…