C'est un endroit chargé de tant de souvenirs Qu'à me retrouver là, je libère un soupir Et les moments d'hier affluent dans ma mémoire. Comme un rideau se lève ou s'éclaire un brouillard,
Les pièces dénudées devant mes yeux s'habillent, Tant d'accents du passé de ma mère et ma fille, En ce lieu dépeuplé, qui ne reviendront pas ! L'une riait toujours, l'autre criait parfois
Mais comme tout paraît innocent et fugace : Jours heureux à jouer, auréolés de grâce, Où la vie nous surprend à regretter ce temps. Que de complicité de l'aieule à l'enfant,
Et de joies partagées au retour de la plage ! On se revoit encore à poser nos bagages Au milieu d'un été familial et serein. Préparer des sablés, glaner ces petits riens,
Tous ces éclats d'amour qu'aucun lieu ne remplace ! Et pourtant, il faut bien qu'hier laisse la place, A d'autres. Tout grandit, tout vieillit et tout meurt Dans le giron des jours et le passé des cœurs...