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Eric BENCHIMOL

Heinrich et Sofia Schliemann

Heinrich et Sofia Schliemann

Du palais de Priam au trésor de Mycènes,
Au seuil balbutiant des fouilles du passé,
Un fervent amateur et sa femme nous mènent
Aux rivages qu'Homère en l'Iliade a tracé...

Ce qui parut légende au fronton des sceptiques,
Tout prêts à humilier ce couple de chercheurs,
Devint réalité quand la cité mythique,
Livra ses fondations enfouies sous l'horreur.

La guerre, au grand cheval envoyé par Ulysse
Pour capturer Hélène - ô l'écrin le plus pur ! -
Fût le destin de Troie en vouant aux abysses
Son royaume oublié, sans histoire et sans murs.

Quand Schliemann, assoiffé de vérités antiques,
Traversé d'un désir puissant, de convictions,
Dût lutter en laissant sa fortune à l'inique
Ottomane Turquie aux sombres dévotions,

Sa femme, aussi ardente et passionnée, eût l'âme
De toujours soutenir celui qu'elle encensait,
Apprenant chaque jour le récit d'une dame
Dont le poète Homère auréolait les traits.

En ce dix sept juin, le temps soudain se fige.
Heinrich vient de trouver le trésor de Priam :
De l'or et des bijoux cachés sous les vestiges,
Des amulettes d'or et d'étranges lingams !

Sofia fût la dernière à porter la tunique,
De celle qui fût faite Aphrodite d'un roi,
D'un diadème ineffable à la grâce hellénique,
De colliers en argent qui la laissa sans voix !

L'amour et la beauté renaissaient du silence
Où pendant trois mille ans reposait ce trésor.
Heinrich fût subjugué ! On eût dit que la chance
Les entourait, soudain, annihilant le sort.

Puis ce fût un cortège éclatant de richesses
Que découvrit ce couple à Tirynthe, à Cnossos,
Reliant avec foi les Achéens de Grèce
Aux civilisations mycéennes d'Argos.

Le rêve de Schliemann fût de faire revivre
Les lieux du grand poète aveugle, en vérité.
Fût-il le visionnaire ou le fou ? Dans ses livres,
Homère nous dit : " Crois, ton espoir est clarté " !

Peypin, 27 septembre 2025