Quand l’effort d’un seul jour, emplissant mille aumônes, Au papier livrera les échos de mon cœur, Tout le philtre envoûtant l’univers polychrome D’une lyre amoureuse où quelque ode se meurt ;
Quand j’aurai bu l’Idée au bel imaginaire, Tourner chaque facette entre mes doigts éteints, Ou, repu de n’avoir pas conquis l’aurifère Et noble inspiration des maîtres anciens ;
Je désagrégerai la Phonétique et l’Ordre, Comme Verlaine, ami de l’inhabile Impair, Ou Rimbaud dont l’instinct cabochard est de mordre A même la raison pour en tuer le nerf !
A force d’éblouir en vain ma tête vide Par mille éclats de vers insipidement froids, Peut-être qu’un rayon, une étincelle avide Ira zébrer mon ciel où l’horizon décroît.
Au diable étourderies, emphase ridicule, Feuille blanche envolée à la barbe des mots ! Je vous pousse au tiroir, poussiéreux fascicules ; Mon chant libre n’attend qu’une fleur du chaos !