De tes monts givrés, je désire ta conquête, un peu désespéré et vanité en tête Je pars plein d'un frisson à l'aube hivernale Affronter ta paroi , fraîche, granite et pâle Beauté lointaine froide et lisse, qui t'approche J'y souffle, me fatigue, souffre et m'ecorche,
La neige brûle mes yeux, solitaire qui me voit, Pureté blanche glaciale, qui rend mes doigts Plus lourds, Mes jambes s'y enfoncent , j'avance avec peine,
Et mes lèvres gercées, qui rêvaient d'un baiser, Sont déçus, asséchés J'entends le bruit du vent . la poudreuse m'étouffe, j'ai peur Et ne sent plus que battre mon cœur, Enfin j'arrive, je vainc, mais ne peux m'arrêter
L'epais orage menace , sur cette neige, sourd Je descend ivre de fatigue , le cœur lourd. déjà dans mon dos la vallée glisse, Bientôt je rêverai , à un autre jour À une autre conquête, Adieu mon Aravis.