Où sont partis les trains que j’ai tant pris naguère ? C’est avec nostalgie que je me souviens d’eux, Tous ceux qui m’ont menée jusqu’au bout de la terre, J’entends encore, émue, l’aubade des essieux.
Au sifflement strident de la locomotive, S’ébrouait le convoi laissant Paris derrière, Assise sans parler, moi je restais pensive Avec le cœur battant, le nez à la portière.
La route me semblait toujours aussi lointaine, Mais chaque tour de roue me rapprochait, pourtant, Du moment d’arriver en gare souveraine Où m’attendaient la mer, le soleil et le vent.
Ô, que sont devenus ces trains de l’innocence ? Je n’ai pas oublié les bruits, ni les odeurs Qui embaumaient, alors, le chemin des vacances Et m’emportaient ravie en merveilleux ailleurs.
Un jour viendra, je sais, ce n’est pas un mystère, Où je retrouverai ces trains de mon enfance Et je continuerai à voyager -sous terre- Prenant la clé des champs des ultimes vacances…
…J’amadouerai, alors, celui que tous poètes Et que tous troubadours chevauchent en rêvant, Pour ne pas le manquer je sellerai le vent : Nous aurons rendez-vous à 18 h 27,
Car c’est à ce moment, où les ombres s’étirent, Que s’endort au couchant le soleil sur la mer En lui faisant un lit où il peut s’assoupir, Et la Lune arrondie le choie (*) telle une mère.