Si je t'offre aujourd'hui toutes mes cueillaisons, Alors que quelquefois les ont mouillées mes pleurs, Sache que j'ai planté, de saisons en saisons, Des gerbées insensées de toutes les couleurs.
Il n'est fait que de mots ce clos que j'ai bâti, J'y conjugue le temps au passé, au futur, Le silence le vêt parfois de nostalgie, Mais aussi d'espérance... ou de désinvolture.
Alors, ferme les yeux et viens sur mon bocage, Ce sable où j'ai laissé les élans de mon cœur, Quand tu arriveras au bout de ton voyage, Tu y accosteras peut-être alors vainqueur.
Ton jardin et le mien ont cette affinité : Chez toi, des mains de fée emperlent des parterres, Tandis que, dans le mien, des phrases reliées Finissent en bouquets d'arc-en-ciel éphémères...