La guerre est une bouche pleine de cendres Qui avale les noms et recrache des chiffres. On parle de victoires, on compte des tombes, Et dans les cris, plus personne n’a raison.
Des hommes en costume jouent aux rois du monde, Leur orgueil comme une torche dans un champ sec, Ils signent des décrets avec de l’encre froide Pendant que le sang, lui, ne sèche jamais.
Le profit a l’odeur du métal et du feu, Il s’empile sur des corps qu’on ne regarde plus. La bêtise marche en uniforme, bien droite, Aveugle et fière, applaudie par le vide.
Le monde brûle — pas en métaphore — Il brûle dans les bras des mères qui hurlent, Creusant la terre pour y déposer leur cœur, Enterrant leurs enfants comme on enterre le soleil.
Les orphelins n’ont plus de nuit ni de refuge, Leurs larmes deviennent monnaie pour les vautours, Livrés aux ombres, aux trafics, aux silences, Ils grandissent trop vite dans un monde trop lâche.
Qui a raison ? Les ruines ? Les cercueils ? Les cris étouffés ? Personne. Seulement la honte qui nous regarde.
Alors écoute, toi qui peux encore entendre : Assez de discours, assez de drapeaux, Assez de mensonges maquillés en courage.