Quand un fou se prend pour Dieu, le ciel lui paraît trop petit. Il lève les mains vers les foules comme s’il tenait le destin dans ses doigts.
Ses mots deviennent des armes, ses promesses des tempêtes. Et les hommes, fragiles et perdus, marchent derrière son ombre comme si elle était la lumière.
Alors la terre se fissure. Les villes brûlent dans le silence, les mères serrent le vide là où battait le cœur de leurs enfants.
Le monde n’explose pas d’un coup. Il se brise lentement dans les regards qui ne comprennent plus pourquoi le ciel laisse faire cela.
Car le vrai Dieu ne crie pas. Il ne demande ni trône ni armée. Mais le fou, lui, a besoin d’un empire, et pour bâtir son illusion il empile les corps comme des pierres.
Et quand enfin la poussière retombe, quand le feu devient cendre, on comprend trop tard une vérité terrible :
Ce n’est pas le fou seul qui a brûlé le monde… c’est le silence de ceux qui l’ont laissé se croire Dieu.