Le prix de cette guerre, c’est le sang de son peuple. Des vies qui tombent, des mères qui pleurent, des enfants qui grandissent avec le bruit des bombes à la place des berceuses.
Et je me demande, dans le silence qui suit les cris :
Pourquoi ?
Le temps sur cette Terre est si court, pourquoi encore le raccourcir ? Pourquoi prendre une vie quand la nôtre aussi ne tient qu’à un souffle ?
Nous sommes de passage. Riches ou pauvres, puissants ou inconnus, nous finirons tous par partir.
Et lorsque viendra le dernier voyage, nous n’emporterons ni frontières, ni drapeaux, ni maisons, ni fortunes, ni victoires.
Seulement ce que nous aurons laissé dans le cœur des autres.
Alors, à quoi sert de gagner une guerre si l’on perd des hommes ? À quoi sert de conquérir une terre si elle est couverte de larmes ? À quoi sert de bâtir des monuments sur des tombes encore fraîches ?
La Terre est assez grande pour que nos enfants y vivent ensemble.
Elle n’a pas besoin de héros de guerre. Elle a besoin de mains qui reconstruisent, de bras qui relèvent, de voix qui pardonnent, de cœurs qui choisissent la vie.
Car aucune frontière ne vaut le sourire d’un enfant.
Aucun pouvoir ne vaut le souffle d’une mère.
Aucune victoire ne justifie le sang d’un peuple.
Nous sommes nés pour vivre, pas pour apprendre à mourir.
Et puisque notre passage ici-bas est si court, faisons au moins en sorte qu’en quittant cette Terre, quelqu’un puisse dire :
« Il n’a pas pris une vie. Il en a sauvé une. Il n’a pas semé la haine. Il a semé la paix. »
C’est peut-être cela, la seule victoire qui mérite d’être emportée.
Mais même celle-là, nous ne l’emporterons pas.
Car au bout du chemin, nous n’emportons rien. Alors pourquoi laisser derrière nous tant de sang ?