Je suis un petit enfant assis dans les décombres de ma maison. La poussière tombe encore du ciel gris. Tout sent la fumée et le feu.
Papa est allongé près de moi. Je lui ai parlé longtemps.
— *Papa… réveille-toi…*
Je lui ai touché la joue. Elle est froide. Il ne répond plus.
Un peu plus loin, il y a un trou dans les pierres. Maman est là, coincée sous des blocs de béton.
Elle m’a regardé tout à l’heure. Ses yeux étaient pleins de larmes.
— *N’aie pas peur mon chéri…*
C’est la dernière chose qu’elle a dite.
Mes petites mains sont en sang. J’ai essayé de déplacer les pierres. Encore… encore… encore…
Mais elles sont trop lourdes.
— *Pardon maman… pardon… je n’arrive pas à te libérer…*
Maintenant elle ne parle plus. Ses yeux sont fermés.
Je reste à côté d’elle. Parce que j’ai peur d’être seul.
J’ai faim. J’ai froid. J’ai peur.
Partout il y a des cris, des explosions, du feu. Des gens courent. D’autres pleurent.
Moi je ne bouge pas.
Je regarde ma maison qui n’existe plus. Je regarde papa qui ne se réveillera plus. Je regarde maman qui dort sous les pierres.
Et je pense aux gens qui ont fait ça.
Pourquoi ?
Pour être importants ? Pour gagner ? Pour être forts ?
Moi je ne comprends pas. Je suis juste un enfant.
Un enfant qui voulait seulement jouer… rire… et dormir en sécurité entre son papa et sa maman.
Maman disait toujours :
— *Les gens viendront nous aider.*
Mais ils ne sont pas venus pour aider.
Ils sont venus avec le feu. Avec les bombes. Avec la mort.
Et maintenant je suis là… au milieu des ruines…
un petit enfant qui appelle encore sa maman, même s’il sait au fond de lui qu’elle ne répondra plus jamais.
---Toulmond Chantal
😭😭😭😭# Moralité
La guerre n’a jamais d’innocents vainqueurs. Elle ne laisse derrière elle que des ruines, des silences et des enfants qui grandissent trop vite avec le cœur brisé.
La véritable grandeur n’est pas de faire la guerre, mais d’empêcher qu’un seul enfant ait un jour à pleurer seul dans les décombres.