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André-Frédéric HOYAUX

Absence 1

Je ne crois plus à rien
ni en moi
ni en ce Dieu futuriste
Égoïsme d’une photo sans visage
Absurdité d’un monde outragé

Je ne crois plus à rien
plus à ces femmes voilées
qui me regardent d’un œil vengeur
Tombe d’un corps qui s’endort sous le mien

Je ne crois plus à rien
sans doute plus à ce cœur
qui transperce ma souffrance
Paranoïa d’un souvenir que je croyais éteint

Je ne crois plus à rien
ni en toi
ni en cette comédie désuète
Monogamie d’un mariage pavé d’inconnue
Subtilité d’une existence trop chargée

Je ne crois plus à rien
Ni en cette mère
qui au monde m’a poussé
Ni en ce père
Source épuisée d’une tourbière abandonnée

Je ne crois plus à rien
ni en ce moi
ni en ce crépuscule serein
Polychromie d’un paysage sans lumière
Absurdité d’un oubli dépassé

Je ne crois plus à rien
plus à ces hommes frimeurs
qui croient que tout leur est dû
Cimetière de mes espoirs entretenus

Je ne crois plus à rien
sans doute plus à ce jour
qui s’achemine jusqu’à ma conscience
Esprit d’une mélancolie que je pensais disparue

Je ne crois plus à rien
ni en ce toi
ni en ce sourire angélique
Ombrelle de notre couple jonché d’hypocrisie
Subtilité d’un quotidien torturé

Je ne crois plus à rien
Ni en cette mère
qui de son ventre m’a jeté
Ni en ce père
Lune noircie d’une apothéose écourtée

Je ne crois plus à rien
ni en moi
ni en ce lieu caricaturiste
Paludisme d’un cratère envieux
Fixité millénaire d’une conscience anesthésiée

Je ne crois plus à rien
plus à cette nature violée
qui s’affole d’une lueur tremblante
Corps pur d’une immaculée prédestination

Je ne crois plus à rien
sans doute plus à cette survie
qui prolonge les coexistences
Paroxysme foisonnant qui noie l’espérance

Je ne crois plus à rien
ni en toi
ni en ce désert surfait
Sursis d’un alliage materné d’illusion
Partialité d’une sphère déshumanisée

Je ne crois plus à rien
Ni en cette mère
qui d’une larme m’a étouffée
Ni en ce père
Parallèles éloignées d’un infini sectionné

Je ne crois plus à rien
ni en ce cri qui m’a échappé
ni en ce pli que tu m’as envoyé
Où tu me disais
« Je te quitte »

Je ne crois plus à rien
ni en ce moi qui me survit
ni en ce toi qui me détruit
Épilogue d’un avenir sans lendemain

Je ne crois plus à rien
ni en ce mot qui n’ose s’envoler
ni en ce rêve que tu m’as déchiré
Qui voulait te rattraper
« Tu me manques »

Je ne crois plus à rien
ni en ce moi qui décrépit
ni en ce moi qui s’est enfui
Absence soudaine de tout futur construit

Je ne crois plus à rien
même de ne croire à rien
Avenir radieux
Des gens heureux...