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Alexandre Viau

Mon Noël à la "cachotière"

C'était au beau jour d'hiver
Tout était pensé depuis hier
Je me concentrai dans mes affaires
Préparant ma fuite vers la lumière

La veille ç'avait fonctionné
Je ne l'avais pas vu passée
À sa torture, j'avais échappé
Mes yeux m'avaient bien écoutés

Le lendemain, même tactique!
Aucun regard oblique!
Lecture planifiée, prières
Tout me semblait sincère...

Dans les coulisses, tout était clair...

Mais pourtant, que c'est-il passé?
Pourquoi mon Dieu est-ce arrivé?
Est-ce que j'me serais égaré,
Par mes chants? Mes mouvements biaisés?

Rien de trop grave, cela m'a semblé...

Mais pourtant... M'aime-t-elle mon Dieu?
Honteusement, c'est tout ce que je veux...
S'elle ne m'veut pas Seigneur, dis-le moi!
Qu'au bout de mes bras je lance cette croix!

Je n'en peux plus, j'ai mal
Sa torture m'est infernale
Je dois me cacher pour pleurer
Les larmes mes yeux ont changés

Ils me brûlent, je les sens gonflés
Je n'arrive plus a fonctionner
Mes yeux devenus ceux d'un fou
De quelqu'un qui souffre la mort d'un époux

D'un adolescent et sa peine d'amour
D'un vieillard dans son deuil du jour
À tout moment, je peux éclater
De la maison aux rues enneigées,

Au bureau la nuit le matin
Dans le train... la tête dans les mains
Avec moi, l'importune y monte
J'essuie mes larmes sans avoir honte

Mes collègues voient bien ma tristesse
J'voudrais leur cacher... j'peux plus travailler
Ils voient aussi ces yeux de détresse
Et leur désir horrible pour leur "déesse"...

Je ne ris plus, car j'ai perdu
Ma muse a gagné, cette fois encore
J'ai beau l'éviter, elle me dévore
Que reste-t-il du fou sauf la mort?

Et l'enfer, qui me tue de la voir
Mon désir infini de l'avoir
La terreur de ne plus exister sans elle
Dans le feu de ma jalousie cruelle

Je suis divisé, j'ai plusieurs "Moi"
Un pour les autres et un pour toi
Mon Dieu! Je ferais tout parce qu'elle est belle!
Pour notre amitié futur, et éternel

Mais l'hypocrite ne se fait attraper
Il ne confesse pas sa honte de l'aimer...
Une fois jadis, un soir de la semaine
Je courus vers l'église pour crier ma peine...

"Pardonnes-moi! J'ai tellement péché!"
"De regarder l'unique fenêtre sur Ta beauté!"
Je sais pourtant qu'elle est ma croix...
"En aurais-Tu une autre, que je n'la vois?"

"Je voudrais mourir! Mais je pleure, mon Seigneur!"
C'est le seul moyen pour pas qu'je meurs
Je ne ressens plus les choses comme avant...
Elle change si vite mes sentiments

Ses pouvoirs sont surement célestes
Autant que sa beauté des nuées
Celle qu'elle a volé aux anges
Pour que je la couvre de louanges

Je pense qu'ils la laissent souvent entrer
Dans leurs cieux si doucement lumineux
Ils insistent surement pour l'inviter
La muse y chante les rendant joyeux

Comme moi, ce jour-là
Le jour de Noël, où elle me montra son ciel
Une seconde de joie éternelle
Elle voulait tant que j'chante avec elle

Notre hymne à l'amour
Celui qu'on chantera là-bas
Celui interdit, ici-bas
Mais que Dieu j'en suis sur, approuva...

Toi qui sais tout, dis-le moi!
Va-t-elle me rendre heureux un jour?
Pourrais-je m'oublier dans son amour?
Je voudrais tant l'avoir que pour moi...

Elle! La jalousie des rois
Celle qui pourtant ne me lâche pas...
Qui m'rends fou dans ma pauvreté
Qu'aurais-je encore qu'elle n'aurait pas?

Mes rues ne sont plus les mêmes
Elles étaient plus joyeuses avant qu'elle m'aime
Tout mon être est maintenant pour elle
Or, je la voulais "maringouicelle"...

Oui... même là...

Dans le secret de ma honte la plus profonde...
Je la désirais déjà plus que tout au monde...
Mon obsession cachée, pendant tant d'années...
Refusant quand même d'être un damné...

Voulait-elle rendre mon jour si triste?
Comme le faux Noël de son coeur d'artiste
Celui qui fut peut-être sans bonheur
Pour me décorer de tous les malheurs

J'y était presque... La croix était là!
À deux pas!! Mais elle ne voulais pas...
Mon "Joyeux Noël!" lancé comme ça
Se rendit à son coeur, là où il ne fallait pas...

Elle changea ses plans, rejetant sa pitié
Se déchaînant, en allant m'aimer
Me balançant toute son éternité...
Me recapturant, moi, son amant-prisonnier...

J'ai bien essayer de l'outrepasser
Rien n'y a fait, elle n'a résisté
Tant elle aime se faire aimer
Tant je n'peux que l'adorer...

Et dans son cris de muse, elle s'écria:

"Aalleiixx...! Spraazniko-o-o-o-o-ou-ou-ou-ouuuuummm!!!"

Quel chant sublime et merveilleux!
Que deux mots simples pour me "prendre" joyeux!
Je n'étais plus sur terre à c'moment-là
Comment aurais-je pu lui rendre ses voeux?

Mon évasion s'est alors échouée
Aux paysages de ses côtes dorées
Celles du château de ma bien-aimée
De notre demeure, pour l'éternité...

Mais aurais-je par mégarde juste compris,
Une voix du monde au bout de la nuit?

"Allez! Au cachot! Regardes-moi!"
"Je m'amuse trop avec toi"
"T'es à moi!! N'oublies jamais ça!"
"J'te laisserai jamais partir comme ça!"

"T'es drôle quand tu souffres pour moi!"
"Je t'aime quand t'as mal... t'es presqu'un roi..."
"Hi-hi-hi! Ha-ha-ha! Allez!... On ferme à clé!"
"Je repasserai peut-être, t'auras l'temps d'm'adorer!"

"Mon 'amour'..."

"Et n'essais pas d'mentir par ton rire stupide!"
"Menteur! Ils connaissent déjà tes désirs perfides..."
"Tous tes délires, tes lettres de folies,"
"Ma beauté sera toujours mon alibi!"

"Et mon âme, maintenant, tu la vois?"
"Même si tu m'refuses tes yeux, je suis ici, je suis là!"
"Et ton rire, il m'a dit que tu m'aimes vraiment..."
"Maladroit!... Aurais-tu peur de moi?"

"Je peux détruire ta nuit par mon aurore!"
"N'aimes-tu pas mon âme plus que mon corps?"
"Minable! Je t'observe profiter de ta seconde"
"Maintenant je retourne le temps, et tout ton monde!"

"Que notre union se termine milles fois!"
"Je veux qu'il divorce sans cesse de moi!"
"Ressent mes séparations d'enfance et de femme!"
"Ces douleurs qui ravagent mon coeur comme des flammes!"

"Sa laideur ne devrait jamais lui rendre le bonheur!..."

"Que justice soit rendu maintenant!"
"Puisque je souffre... qu'il crache son sang!!!"
"Mon âme méchante te pourchassera!"
"Dans cette église où que tu seras!"

"Tu me reviendras, tu n'as pas le choix"
"Car je suis trop belle pour toi!"
"Non mais... sans blagues... regardes-toi!..."
"Hi-hi-hi! Ha-ha-ha!"

La crainte s'empara de moi
Je me refusa de regarder, une deuxième fois
Je regarda plutôt le soleil de tristesse
Dans la fenêtre du fond de la pièce

Elle a voulu que j'la regarde encore
Pour me montrer, de nouveaux décors...
Ses yeux mon Dieu, sont ma vie et ma mort!
Que l'éternité m'arrache de leur sort!

Ou voulait-elle regarder mon âme?
Pour voir si mes lettres sont vivantes?
Pour être certaine que j'ne lui mente?
Et pour s'assurer d'être mon amante?...

Ou attendait-elle un instant juste pour jaser?
Que je lui chante des vers devant l'assemblée,
Comme les romantiques des siècles passés,
Lui déclarant mon amour pour sa beauté?

Ou voulait-elle finalement que se venger?
Pour avoir tenté de la subjuguer,
Par mes souhaits tristes de bête immonde?
Voulait-elle me finir devant tout le monde?

Quel enfer d'émotions!
De jalousies ambiantes...
De commentaires de cons!
Jalousant mon amante

Notre amour interdit
Mon amour ma folie
Ma seule unique envie
Des trésors des milles et une nuits...

Et pour autant qu'il y a d'étoiles
C'est surement elle, celle de Noël
Éblouissant l'étable du Roi
En plus bel ange d'ici-bas

Mais depuis plus de quatre mois
Me voilà enchaîné dans son donjon
Elle m'y a confiné, encore une fois
Elle me recondamne à mon obsession

Aimant trop que j'y sois captif
En objet de ses désirs récréatifs
Pour m'entendre la supplier d'm'aimer,
En sanglots vibrant son château d'été

Elle n'a aucune intention de m'laisser aller
Même s'il le faut, elle se fera mon bourreau
Torturant de toutes ses forces mon âme ligotée
S'arrêtant qu'après cent-vingt coups d'barreau...

Mais après tout... c'est surement moi le méchant
Je ne sais pas c'qui c'est passé vraiment
Son coeur m'a peut-être oublié déjà
Le poète-fou n'a donc plus l'choix:

"J'ai peur que tu ne m'aimes pas!"
"J'ai horreur d'être jaloux de toi!"
"Ça m'terrifie! 'Tsarie'! Ma douce folie..."
"Je te supplie pour pas qu'tu m'oublies!"

"J'ai peur de souffrir quand tu pars"
"La prison, l'asile, les tortures rares"
"Autant ne me glacerait le sang"
"Que le jour suivant, le jour présent"

"J'aimerais tant savoir si tu m'aimes"
"Ça semble si simple mais pourtant..."
"Mes exhortations étants bien vaines"
"J'me contenterai de voir... avec le temps"

"J'aimerais mieux ton refus qu'un silence"
"J'ne voudrais tenter ta divine patience"
"Depuis des années tu es mon obsession..."
"Mais se transformerait-elle en religion?"

"Mon sentiment amoureux et triste"
"Comme un état de grâce qui persiste"
"Tu m'le donnes pour que j't'adore"
"Tes yeux ta bouche, j'en veux encore..."

"Ce sentiment, voudrais-je vraiment qu'il me quitte?"
"N'ais-je pas transfiguré regardant ton visage,"
"En expérience sublime de reconversion subite,"
"Pour qu'j'te supplie d'm'aimer, jour et 'nuite'?"

Dieu, ne me sauve pas tout de suite, si Tu veux...
Je veux sentir que je suis elle, même juste un peu...
Jugez-moi! Ce serait peut-être mieux comme ça!
J'aimerais savoir si j'suis fou avant d'être vieux

Vous ne savez rien de mes sombres péchés!
Et comment sa beauté me force à crier!
En sublimation de ma pauvre poésie,
Je fais sans doutes de moins pires conneries...

Je n'ai pas le choix, je dois chanter
Car ça m'évite de déprimer
Je n'ai pas le choix, je dois pleurer
Pour ne pas mourir d'la désirer

Puisque sa beauté doit être vanté
Mes pleurs dans son château feront échos
Qu'au son de mes larmes elle puisse danser
Se réjouissant de son esclave, de son héro...

Elle ne visite pas souvent la "cachotière"
Ce donjon du bas, où s'arrête sa gouttière...
Préférant somptueusement très bien se parfaire...
Dans les appartements du plaisir, de la Reine-Mère...

Je chante quand même en souffrant ta beauté
Pour y aller un peu la nuit, et frissonner...
Et qu'on soit fait pour nous avant de partir...
Où les fêtes de l'amour, ne raviveront mon désir...