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Alexandre FONT

Didier

Sur le floor de mon dancing,
Belle tenue, high standing,
Je désigne, main tendue,
Le joli nez d’une inconnue.
« Danseriez-vous ? Je vous prie,
Sur l’air qui chante la nuit. »
5 secondes passent. Terrible.
Puis elle accepte, l’air crédible.
Quelle joie, quel élan,
De tenir ses mains, un temps.
« Autour de nous, peu se presse
C’est tant mieux, je fuis la liesse
Et préfère tourner avec vous
Sans la foule et ses remous. »
« C’est extra ». Coule la chanson.
Quel moment, quel frisson !
« Puis-je demander le nom qui vous habille ? »
« Lise », dites-vous, d’un ton tranquille.
« Il est charmant, le mien est… Didier. »
Que n’avais-je incendié.
D’un coup, ma cavalière rua
Tombant regards et bras.
« Ce détail est de trop
Déjà votre chemise à carreaux,
Avec ces cheveux gominés,
Ce médaillon argenté,
Vos rouflaquettes pareilles à des anses
Mais d’où vient votre allure si rance ?
Oh, j’ai bien fait fi, au début,
De votre mise d’hurluberlu
Me disant que derrière l'Arlequin
Secrétait peut-être un paladin.
Qu’il fallait faire des efforts
Et ne pas s’arrêter à ces inconforts
Qui privent les cœurs des vrais trésors.
A présent vous me dîtes : Didier
Et je ne peux m’empêcher, à moitié,
D’en pouffer, car mon gentil voisin
Un certain Régis, prends soin chaque matin
D’aboyer "Didier" à son fox Terrier
Le canidé remue queue et oreilles
De voir son maître, sans pareil
Lui jeter un colosse boudin
Qui pendouille de sa main.
Excusez-moi, je ne pourrai pas,
Continuez avec vous quoique ce soit »
Ses talons sautillèrent vers son amie badine
Plantée sur la banquette en moleskine.
« Quelle drôlesse que cette femme
D’oser au club un tel drame.
Pis que tout, la complice escadrille
Lança lazzis et banderilles
Sur tout danseur qui dérangeait
Aux verdicts de leurs esprits rongés.
Qui êtes-vous filles profanes
A railler aussi les mélomanes ?
Car les deux sottes osèrent glousser
Sur mon air préféré : laisse-moi t’aimer ».