L'une dans l'autre, nos âmes s’emboîtent, Pendant que nos égos confectionnent des boîtes, Avec des étiquettes pas du tout rassurantes : « Doute, abandon, rejet, trahison écœurante ».
Nos âmes exultent et rient de nos peurs, Et, tels de vaillants pompiers sapeurs, Elles affrontent le dévorant feu égotique Et sèment dans nos sillons chaotiques Les graines de l’Amour inconditionnel.
La lumière pénètre alors notre noir tunnel, Et, soudainement, dans un sursaut d’éveil, Les parties endormies en nous se réveillent.
Mon corps et le tien n’en font alors qu’un, Ils baignent dans l’océan de l’Amour, et les requins S’éloignent dès qu’ils sentent nos odeurs, Nos baisers, nos câlins et nos cris pleins d’ardeur Les dissuadant de s’approcher de notre espace sacré.
Seuls les petits poissons aux écailles nacrées Passent auprès de nous comme de badauds heureux, En nous criant, joyeux : « Salut, les amoureux ! »
Nous transformons l’océan en un lac de grâce, Qui portera, j’en suis sûr, toutes les traces De nos ébats amoureux teintés de tantra, Mille ans après notre mort dans les mêmes draps !