Je suis un chemin de fer Qui ne sait que faire Face à ce train qui n’arrive jamais. Ce train, ah ! que je l’aimais, M’écrasant de tout son poids, Comme une violente étreinte, En apposant ses empreintes Sur toutes les parois De mon cœur, qui ne sait battre Que pour une étoile filante, Capricieuse et peureuse. Je l’aimais ! Je l’aime encore, Ce train qui n’arrive jamais. Je l’aime comme je l’aimais, Et comme je l’aimerai, Moi, le chemin de fer, Qui ne sait que faire De tout ce temps qui passe, Sans que ce train fuyant Ne crève sa carapace. Sifflerait-il de nouveau, Ce train qu’ardemment j’attends, Comme hennissent les chevaux Dans les prés, au printemps ? Je suis un chemin de fer, J’attends ce train d’enfer, Qui mène au paradis.